LOI DE FINANCES POUR 2009
ET REFORME DU REGIME DE LA LOCATION MEUBLEE
La Loi de
finances pour 2009 a été définitivement
adoptée par le parlement le 17 décembre 2008, parmi les
différentes mesures, entre autres le plafonnement des niches
fiscales, cette Loi réforme le régime de la location
meublée. Nous abordons ci-après les principales
modifications de ce régime.
A – LA NOUVELLE DEFINITION DES LOUEURS PROFESSIONNELS :
A – 1 : Les nouvelles conditions :
A compter de
l’imposition des revenus 2009, seront désormais
considérées comme professionnelles les activités
de location meublée respectant les trois conditions cumulatives
suivantes :
- un membre du foyer fiscal au moins est inscrit au registre du
commerce et des sociétés en qualité de loueur
professionnel.
- les recettes annuelles retirées de cette activité par
l’ensemble du foyer fiscal excèdent 23.000 euros.
- ces recettes excèdent les revenus du foyer fiscal soumis
à l’impôt sur le revenu dans la catégorie
des traitements et salaires au sens de l’article 79 du CGI, des bénéfices industriels et commerciaux
autres que ceux tirés de l’activité de location
meublée, des bénéfices agricoles, des
bénéfices non
commerciaux et des revenus des gérants et associés mentionnés à l’article 62 du CGI.
A la lecture de ces conditions, il importe de noter que la
référence à l’article 79 dans le
troisième point
oblige à inclure les pensions et les rentes viagères (donc les pensions de retraite) dans le revenu à
comparer aux recettes issues de la location meublée.
En pratique : cette troisième condition va évidemment
rendre l’accès au statut LMP particulièrement
difficile car il va dorénavant falloir que les acquéreurs
disposent de moins de revenus (dans les catégories
listées) que de loyers générés par la
location meublée.
A – 2 : Les mesures transitoires :
La nouvelle
définition des loueurs professionnels s’appliquant
à l’ensemble des personnes réalisant des locations
meublées, des mesures transitoires sont prévues pour
l’application de la troisième condition aux contribuables
ayant eu le statut de loueur en meublé professionnel avant 2009.
Ainsi, le montant des recettes est multiplié par 5, il est
ensuite diminué de 2/5ème par année de
détention dans la limite de dix ans afin de parvenir à
des recettes majorées qui rejoindront à terme les
recettes réelles.
Cela donne le tableau suivant pour un contribuable LMP depuis 2006 et
générant 24 000 ¤ de recettes annuelles :
|
Année
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2013
|
2014
|
2015
|
2016
|
|
Recettes Réelles
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
24 000
|
|
Recettes majorées
|
91 200*
|
81 600
|
72 000
|
62 400
|
52 800
|
43 200
|
33 600
|
24 000
|
* soit (24 000 * 5) – (24 000 * 2/5 * 3) = 91 200
En pratique : ce contribuable, pour conserver le statut LMP en 2009
devra donc déclarer moins de 91.200 ¤ de revenus dans les
catégories listées au A-1, à défaut il
deviendra loueur en meublé non professionnel.
B – LE NOUVEAU REGIME DES INVESTISSEMENTS LOCATIFS DANS DES RESIDENCES MEUBLEES :
En
complément du régime de loueur en meublé non
professionnel qui continue à exister comme préalablement
en vigueur, un nouveau dispositif codifié à
l’article 199 septvicies du CGI est mis en place par la Loi de
finances.
Ce nouveau régime instaure une réduction
d’impôt sur le revenu en faveur des contribuables qui
réalisent des investissements immobiliers dans le secteur de la
location meublée non professionnelle et selon les
critères suivants :
PERSONNES CONCERNEES :
Seules les
personnes physiques fiscalement domiciliées en France peuvent
bénéficier de la réduction d’impôt
(pas d’acquisition possible par une société).
L’avantage fiscal n’est pas applicable au titre des
logements dont le droit de propriété est
démembré.
OPERATIONS CONCERNEES :
- Acquisition
d’un logement neuf : les logements neufs s’entendent des
immeubles à usage d’habitation achevés et qui
n’ont jamais été habités ou utilisés.
- Acquisition d’un logement en état futur
d’achèvement : pour le bénéfice de la
réduction d’impôt, aucune condition de délai
d’achèvement n’est exigée.
- Acquisition de logements achevés depuis au moins 15 ans ayant
fait l’objet d’une réhabilitation ou d’une
rénovation : la réhabilitation ou la rénovation
s’entend des travaux qui permettent, après leur
réalisation, de satisfaire à l’ensemble des
performances techniques prévues à l’article 4 de
l’arrêté du 19 décembre 2003.
- Acquisition de logements achevés depuis au moins 15 ans qui
font l’objet d’une réhabilitation ou d’une
rénovation : les travaux nécessaires sont identiques
à ceux évoqués ci-dessus, aucune condition de
délai de réalisation des travaux n’est
exigée.
LOGEMENTS CONCERNES :
- Logement
faisant partie d’un établissement d’accueil des
personnes les plus fragiles : ce sont les logements compris dans les
établissements de services sociaux et médico-sociaux qui
accueillent des personnes âgées ou des adultes
handicapés et qui leurs apportent des services définis
(notamment les EHPAD).
- Logement faisant partie d’une structure affectée à l’accueil familial salarié.
- Logement faisant partie d’une résidence avec services
pour étudiants : des précisions sont à
paraître quant à la définition précise des
résidences éligibles.
- Logement faisant partie d’une résidence de tourisme
classée : ce type est défini par
l’arrêté du 14 février 1986 modifié.
Le champ de la réduction d’impôt étant
élargi à ces résidences, il y a fort à
parier que l’administration sera particulièrement
vigilante dans les processus de classement et que les résidences
n’ayant pas une réelle vocation d’hébergement
touristique (les résidences affaires par exemple) ou ne pouvant
répondre formellement aux obligations de promotion touristique
à l’étranger ne puisse obtenir ce classement.
- Logement faisant partie d’un établissement de soins : ce
sont les logements compris dans les établissements de
santé qui ont pour objet de dispenser des soins de longue
durée.
A la lecture de ces premiers textes, il apparaît donc que ne
seraient pas éligibles au nouveau dispositif à la fois
les résidences séniors mais aussi les résidences
para-hôtelières de type résidence-affaires.
MODALITE D’APPLICATION DE LA REDUCTION D’IMPOT :
- engagement
de location : les contribuables doivent s’engager à donner
le logement en location meublée pendant au moins neuf ans
à l’exploitant, celle-ci doit prendre effet dans le mois
qui suit la date d’achèvement ou d’acquisition si
elle est postérieure.
- l’activité de location meublée doit être
exercée à titre non professionnelle et les revenus
tirés de la location meublée imposés dans la
catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.
FAIT GENERATEUR DE LA REDUCTION D’IMPOT :
Pour les
logements acquis neufs ou en VEFA, ou achevés depuis au moins 15
ans et ayant fait l’objet d’une réhabilitation, la
réduction d’impôt est accordée au titre de
l’année d’achèvement du logement ou de celle
de son acquisition si elle est postérieure.
Pour les logements à rénover ou à
réhabiliter, elle est accordée au titre de
l’année d’achèvement de ces travaux.
MONTANT DE LA REDUCTION D’IMPOT :
La
réduction d’impôt est calculée sur le prix de
revient des logements (en principe prix d’acquisition
majoré des frais afférents à l’acquisition
tels que les honoraires de notaire, droits de timbre, TPF).
Pour les logements à rénover, elle est calculée
sur le prix de revient des logements majoré du montant des
travaux.
Le taux de la réduction d’impôt est de 5 %, le
montant annuel de la réduction d’impôt ne peut
excéder 25 000 ¤.
En pratique : un contribuable investissant dans une résidence
acquise en VEFA en 2009 et livrée en 2009 et ce pour une base de
150 000 ¤ bénéficiera d’une réduction
d’impôt sur les revenus de 2009 d’un montant de 7 500
¤.
AMORTISSEMENT DES BIENS :
Pour les
biens bénéficiant de la réduction
d’impôt, la base d’amortissement des immeubles est
minorée de 15 %.
REPORT DES DEFICITS :
Les
modalités d’imputation des déficits de
l’ensemble des loueurs en meublé non professionnels sont
modifiées. Ils ne sont plus imputables sur les autres revenus
industriels et commerciaux non professionnels mais sur les
bénéfices retirés d’une activité de
location meublée. En contrepartie, le délai
d’imputation est porté à dix ans.
MESURE TRANSITOIRE :
Afin de ne pas pénaliser les programmes en cours, le texte
prévoit que la réduction d’impôt
s’applique
également aux acquisitions :
- de logements neufs dans des résidences de tourisme non
classées ayant fait l’objet d’une déclaration
d’ouverture de chantier avant le 1er janvier 2009, lorsque cette
acquisition intervient à compter de cette date et au plus tard
le 31 décembre 2010.
- de logements achevés depuis au moins 15 ans au 1er janvier
2009 ayant fait l’objet d’une réhabilitation ou
d’une rénovation au titre de laquelle une demande de
permis de construire ou une déclaration de travaux a
été déposée entre le 1er janvier 2006 et le
31 décembre 2008 et situés dans une résidence de
tourisme au titre de laquelle une demande de permis de construire ou
une déclaration de travaux a été
déposée entre le 1er janvier 2006 et le 31
décembre 2008 et dans laquelle au moins un logement a
été acquis ou réservé au cours de la
même période, lorsque cette acquisition intervient
à compter du 1er janvier 2009 et au plus tard le 31
décembre 2010.
PLAFONNEMENT GLOBAL DES NICHES FISCALES :
La nouvelle
réduction créée doit être prise en compte
pour le calcul du plafonnement global des niches fiscales. On rappelle
que ce plafond est fixé à 25 000 ¤ majoré
de 10 % du revenu servant de base au calcul de l’impôt sur
le revenu.