Définition du dispositif
Les
propriétaires des immeubles historiques peuvent déduire
les charges foncières dans les conditions spéciales ci-après examinées.
Avantages de l'investissement
►Possibilité
d’investir par l'intermédiaire d'une société
civile immobilière (SCI )non soumise à l'impôt sur
les sociétés
►Déficit
foncier, y compris la part provenant des intérêts
d’emprunt, est imputable, sans limitation de montant, sur le revenu global du contribuable.
►Les
travaux de restauration, d’entretien ou de réparation
peuvent être intégralement déduits des revenus de l’année de leur paiement
►Report des déficits fonciers non imputables pendant les dix années suivantes,
►Constitution
d’un patrimoine (destiné à procurer un
complément de revenus), transmissible à ses
héritiers .
►Transmission dudit bien sans droit de succession sous certaines conditions.
Immeubles concernés
Immeubles
classés monuments historiques ou inscrits à
l’inventaire supplémentaire (le classement ou
l’inscription ont des effets communs d’un point de vue
fiscal).
►Immeubles faisant partie du patrimoine national en raison de leur caractère historique ou artistique particulier et qui
ont fait l’objet d’un agrément spécial
accordé par le Directeur des services fiscaux du
département,
►Immeubles
faisant partie du patrimoine national en raison du label
délivré par la fondation du patrimoine sur avis favorable du service départemental de l’architecture et du patrimoine.
Nota
: Classement et inscription ne porte en fait
qu’exceptionnellement sur la totalité du bien, le plus
souvent, ces procédures ne touchent que certaines parties
extérieures de l’édifice (la toiture, la
façade…) et/ou certains éléments
intérieurs tels les escaliers, la salle, la cheminée. En
cas de classement partiel, l’administration a
précisé que si le classement ou l’inscription
à l’inventaire supplémentaire n’est pas
limité à des éléments isolés ou
dissociables de l’ensemble immobilier, mais vise à la
protection de l’ensemble architectural, il y a lieu de prendre en
considération la totalité des charges sans distinguer
suivant qu’elles concernent ou non les parties classées ou
inscrites.
Modalités de déduction des charges
Immeubles procurant des recettes et non occupé par son propriétaire :
Les règles applicables sont celles prévues pour la détermination des revenus fonciers :
►Le
propriétaire peut donc imputer la totalité des charges
foncières qu’il supporte sur le montant des loyers.
Cela résulte de l’article 156-i-3° du CGI.
►Les
travaux de restauration, d’entretien ou de réparation
peuvent être intégralement déduits des revenus de l’année
de leur paiement. Mais, par exception aux règles applicables aux
immeubles ordinaires, le déficit foncier, y compris la part provenant des intérêts d’emprunt, est imputable, sans limitation de montant, sur le revenu global du contribuable.
►Si
le propriétaire a reçu une subvention de
l’Administration des Affaires Culturelles, celle-ci doit
être ajoutée aux recettes de l’année au cours de laquelle elle a été perçue.
Nota
: Les travaux de rénovation distincts et dissociables des
travaux concernant les éléments classés d’un
immeuble, ne sont pas déductibles du revenu global (ils sont
déductibles des revenus fonciers dans les conditions de droit
commun).
Immeuble procurant des recettes imposables, occupé par son propriétaire
Les
charges foncières se rapportant à la partie
réservée au propriétaire sont imputables sur le
revenu global, les autres charges sont prises en compte pour la
détermination du revenu net foncier.
En cas de déficit, celui-ci est imputable sans limitation sur le revenu global.
Possibilité
d’investir par l'intermédiaire d'une société
non soumise à l'impôt sur les sociétés (SCI)
L’avantage
fiscal a été étendu depuis le 1er janvier 1995,
aux monuments historiques détenus par
l’intermédiaire de sociétés civiles
immobilières (SCI) familiales. Cela résulte de
l’article 72 de la loi portant diverses dispositions
d’ordre économique et financier du 8 août 1994
(article 795-A du code général des impôts).
Il
faut que les revenus de la société soient imposés
dans la catégorie des revenus fonciers. La société
doit être constituée uniquement en ligne directe ou entre
frère et s½urs, leurs conjoints et, le cas
échéant, les enfants de ces différentes personnes.
Les parts doivent rester la propriété de ces personnes ou
de leurs descendants. L’entrée dans la
société d’une personne n’ayant pas le
degré de parenté voulu entraînera la
déchéance du régime d’exonération.
La
société civile immobilière doit détenir en
pleine propriété et gérer des immeubles
historiques, ainsi que le cas échéant, les meubles qui
s’y rattachent. Elle peut détenir d’autres biens.
Dan ce cas, l’exonération des parts ne s’appliquera
qu’à concurrence de leur valeur nette correspondant aux
monuments historiques. Il faut, comme en matière de
détention directe, que la société ait conclu une
convention avec les ministères de la culture et des finances. Le
donataire, le légataire ou l’héritier doit
s’engager à adhérer à cette convention. Par
ailleurs, pour que l’exonération soit accordée, le
donateur ou le défunt doit avoir détenu les parts, au
jour de la transmission à titre gratuit, pendant plus de deux
ans, en cas d’acquisition ou de souscription à titre
onéreux. Et pendant cinq ans, en cas d’acquisition
à titre gratuit, si la transmission avait été
exonérée. En revanche, aucune durée minimale de
détention n’est prévue si l’acquisition a
été placée sous le régime de droit commun
de mutation à titre gratuit. Le bénéficiaire de la
transmission doit s’engager à conserver les parts pendant
cinq ans. A l’expiration de ce délai,
l’exonération deviendra définitive. Il pourra,
à son tour, transmettre ses parts à titre gratuit, en
franchise de droits, à un membre du cercle familial de la SCI.
Le
non respect de cette condition entraînera le rappel des droits
exonérés. Et ils seront majorés de
l’intérêt de retard.
Exonération des droits de succession
►
Transmission du bien en exonération des droits de succession
(même si l’héritier n’appartient pas à
la famille du
détenteur) pour les immeubles classés ou inscrits
à l’inventaire ainsi que les meubles qui en constituent le
complément, sous condition de signature par les héritiers
ou légataires d’une convention à durée
indéterminée prévoyant le maintien dans
l’immeuble des meubles
exonérés et leurs conditions d’accès au
public, ainsi que les conditions d’entretien des biens
exonérés.
►
L’exonération est également applicable aux parts de
SCI, à condition, notamment , que les héritiers ou
légataires adhèrent au préalable
à la convention conclue entre le société et les
ministres de la culture et des finances et conservent leurs parts
pendant 5 ans.