Messieurs les ministres, cher Xavier, cher Philippe, cher Christian,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Je me
réjouis de me trouver parmi vous aujourd’hui. Cette
journée mondiale Alzheimer est particulièrement
importante à mes yeux.
C’est
d’abord l’occasion pour toutes les familles
confrontées à la maladie de partager leur
expérience et de se soutenir mutuellement face à
l’épreuve.
Je sais combien il faut de courage et de dévouement pour
s’occuper d’un proche malade. Cette volonté, cet
engagement, je veux aujourd’hui leur rendre hommage.
Permettez-moi aussi de saluer le travail remarquable des associations,
qui se mobilisent en permanence aux côtés des familles. A
travers leurs conseils, leur présence et leur soutien, elles
jouent un rôle fondamental pour les aider à affronter la
maladie.
La
journée mondiale Alzheimer est aussi le moyen de sensibiliser
nos concitoyens, de changer leur regard sur la maladie et de leur faire
prendre conscience des conséquences de l’accroissement de
la longévité sur la santé publique et le lien
social.
1. La
maladie d’Alzheimer et les maladies du cerveau qui lui sont
apparentées constituent un défi majeur pour notre
société.
Aujourd’hui,
850 000 de nos concitoyens en sont atteints, dont plus de 60 000 dans
la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Chaque
année, on dénombre 225 000 nouveaux cas dans notre pays.
Derrière
ces chiffres, il y a des vies bouleversées, des familles
désemparées qui connaissent la souffrance de voir un
proche perdre chaque jour un peu de ses facultés, un peu de son
autonomie. Pour elles, c’est d’autant plus difficile
qu’il faut souvent réorganiser le quotidien, il faut
consacrer beaucoup de temps et beaucoup d’énergie pour
accompagner le malade. Et je sais que beaucoup d’entre elles ne
se sentent pas suffisamment soutenues.
Face
à cette situation, il faut bien le reconnaître, notre
système de santé n’apporte pas de réponse
complètement satisfaisante. Malgré la mobilisation et le
dévouement de tous les professionnels, la maladie
d’Alzheimer n’est en moyenne diagnostiquée que deux
ans après l’apparition des premiers symptômes. Pour
les malades, c’est une perte de temps considérable qui
réduit l’efficacité de leur traitement. Cette
réalité est d’autant plus préoccupante que
seul un patient sur deux est diagnostiqué.
Pour
répondre à ces difficultés, avec Xavier BERTRAND
et Philippe BAS, nous avons accéléré la mise en
½uvre du plan Alzheimer lancé en 2004, qui nous donne de
nouveaux moyens pour lutter contre la maladie.
Je pense
aux centres mémoire de ressources et de recherche, qui
permettent d’organiser les soins et la recherche dans chaque
région. Avec Christian ESTROSI, nous avons d’ailleurs
visité tout à l’heure celui de Nice et j’ai
pu constater l’efficacité et le professionnalisme de son
personnel. L’objectif du plan sera atteint fin 2006, avec un
centre dans chaque région.
Je pense
aussi aux 316 consultations mémoires de proximité, qui
ont été créées pour améliorer
l’accès au diagnostic et à la prise en charge des
malades. L’objectif d’une consultation mémoire pour
15 000 personnes de plus de 75 ans est déjà atteint, mais
nous devons encore compenser certaines inégalités sur le
territoire.
Je pense
enfin aux programmes hospitaliers de recherche clinique qui ont
été consacrés spécialement à la
maladie. A cet égard, je sais que les associations de familles
de malades sont très attachées aux approches non
médicamenteuses, comme la stimulation de la mémoire ou
les méthodes orthophoniques. Un nouveau programme hospitalier de
recherche clinique est en cours pour nous permettre
d’évaluer ces traitements.
Pour lutter contre Alzheimer, la détermination du gouvernement est totale.
J’attache
une grande importance à la mise en place d’une
consultation de prévention pour les personnes de plus de 70 ans
financée par la sécurité sociale. C’est le
meilleur moyen de détecter les difficultés à
temps. Cette consultation sera prévue dans le projet de loi de
financement de la sécurité sociale pour 2007.
Par
ailleurs, la mise en ½uvre du plan Alzheimer sera encore
accélérée cette année pour atteindre nos
objectifs dès le début de l’année 2007. Mais
aujourd’hui, nous devons aller plus loin.
* * *
2. Dans notre effort de recherche, d’abord.
Vous le
savez, dans le domaine de la recherche médicale, la France est
aux avant-postes. Nous avons des chercheurs qui sont parmi les
meilleurs au monde, nous disposons de laboratoires parmi les plus
performants. Nous avons su nous mobiliser autour de grandes causes, le
cancer, le SIDA. Ce que nous avons fait pour combattre ces maladies,
nous devons aujourd’hui le faire pour les maladies du cerveau et
du système nerveux. Cet effort, nous le devons aux malades, nous
le devons à leurs familles, nous le devons à tous nos
concitoyens.
C’est
pour cela qu’en mai 2006, j’ai décidé de
lancer un plan national sur le cerveau et les maladies du
système nerveux. Pour élaborer ce plan, une mission
présidée par le Professeur GLOWINSKI a été
mise en place. Elle réunira nos plus grands experts nationaux.
Elle sera
chargée de dresser un état des lieux de notre dispositif
de recherche, d’évaluer les moyens nécessaires et
de définir une véritable stratégie de lutte contre
les pathologies cérébrales.
Dans ce
cadre, la lutte contre la maladie d’Alzheimer sera un objectif
prioritaire. Il s’agit à la fois de permettre un
diagnostic précoce, le plus précoce possible, de mettre
au point des thérapeutiques innovantes, d’accompagner les
patients et de mieux informer les familles et le public. C’est
indispensable si nous voulons changer l’image de la maladie et
améliorer la qualité de vie des patients.
A travers
ce plan, nous voulons mettre en ½uvre une démarche
ambitieuse, une démarche qui conjugue recherche fondamentale et
application clinique, une démarche qui rassemble toutes les
disciplines scientifiques concernées : la neuro-imagerie, les
sciences cognitives et les sciences biologiques et médicales.
C’est tous, toutes ces compétences qui doivent être
réunies ; c’est tous ces spécialistes, tous ces
experts qui doivent travailler ensemble.
* * *
3. Au
delà de la recherche, nous devons aussi - et vous l’avez
exprimé très fortement - soutenir davantage les familles.
Pour ces
familles, pour tous ceux qui se consacrent parfois jusqu’à
18 heures par jour à un proche atteint de la maladie
d’Alzheimer, il est essentiel de pouvoir souffler de temps en
temps. Avec Philippe BAS, nous avons voulu leur donner un
véritable « droit au répit ».
Comme je
l’ai annoncé lors de la conférence de la famille, 2
500 places d’accueil de jour et 1 100 places
d’hébergement temporaire seront créées
chaque année pendant 5 ans dans les maisons de retraite pour
permettre aux aidants de s’absenter une journée ou
quelques semaines.
J’ai
également annoncé à cette occasion la
création d’un congé de soutien familial d’un
an avec maintien des droits à la retraite. Ce congé sera
effectif le 1er janvier prochain, le 1er janvier 2007.
Par
ailleurs, nous devons aider les familles qui le souhaitent à
s’occuper d’un proche malade à son domicile. Nous le
savons, de nombreux patients et leur entourage désirent
préserver leur cadre familial. Si nous voulons répondre
à leurs attentes, nous devons développer tous les
services médicaux et les aides à domicile.
Dans le
cadre du Plan solidarité grand âge, 6 000 places de
services de soins infirmiers à domicile sont
créées dès 2006. Cet effort sera maintenu tout au
long des cinq prochaines années. A partir de 2010, nous
créerons 7 500 places par an. En 2012, le nombre de places aura
été augmenté de 40% par rapport à
aujourd’hui.
Les aides
à domicile vont aussi être renforcées. Pour la
seule année 2006, nous ajoutons 24 millions d’euros aux
230 millions que consacre la Caisse nationale d’allocations
vieillesse aux services à domicile.
Enfin, nous devons développer le nombre de places en établissement.
Aujourd’hui,
la maladie d’Alzheimer et les maladies qui lui sont
apparentées sont responsables de 70% des placements en
établissement. Mais pour les familles, trouver une place est
souvent un véritable parcours du combattant.
Nous avons
donc décidé de créer 5 000 places de maisons de
retraite médicalisées par an au cours des cinq prochaines
années.
* * *
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
La maladie
d’Alzheimer et les maladies liées à
l’âge constituent un enjeu majeur pour notre
société. Face à ce défi, le gouvernement
est déterminé à agir. Les moyens mis en
½uvre depuis 2004 ont déjà permis des
progrès sensibles. Nous voulons aujourd’hui franchir une
nouvelle étape. J’ai donc décidé de faire de
la lutte contre la maladie d’Alzheimer la « grande cause
nationale » de l’année 2007.
J’invite
toutes les associations engagées dans la lutte contre cette
maladie à se réunir pour élaborer un projet
collectif. Avec Xavier BERTRAND, avec Philippe BAS, avec
François GOULARD, nous les recevrons à la fin de
l’année. Vous voyez bien le défi qui est le
nôtre, c’est de partager cette expérience, de
partager le quotidien qui est malheureusement celui de beaucoup
d’entre vous, pour faire en sorte que chacun de nos compatriotes
puisse mieux connaître cette maladie, puisse être mieux
préparé dans la vie de la cité à
l’affronter, à s’adapter à la situation de
chaque malade. Ce défi, c’est un défi humain,
c’est un défi collectif, c’est un défi de
solidarité, qui implique le rassemblement de chacun. 2007,
année de la maladie d’Alzheimer, grande cause nationale
pour notre pays. C’est la possibilité de faire aussi
tomber un certain nombre de barrières comme celles de la peur,
de l’ignorance, de la méconnaissance. Nous savons tous que
réunis nous sommes plus forts. Eh bien, sans avoir peur, en
connaissant mieux cette maladie, en connaissant mieux les gestes et les
mots qui peuvent aider à l’accompagner, je pense que nous
serons aussi plus efficaces, plus efficaces pour les familles, plus
efficaces et plus humains pour les malades.
Dans les
épreuves que vous traversez, vous pouvez compter sur ma
détermination, sur celle du Gouvernement tout entier, sur notre
engagement à cette grande cause qui nous réunit
aujourd’hui.
Je vous remercie.